Toxiques et polluants : la menace que laissent planer les produits de soins personnels sur nos cours d’eau

L’effet de substances chimiques contenues dans une grande variété de produits de soins quotidiens, comme les lotions et les shampoings, peut se faire sentir bien au-delà de l’usage auquel on les destine, comme nettoyer et hydrater la peau.

L’effet de substances chimiques contenues dans une grande variété de produits de soins quotidiens, comme les lotions et les shampoings, peut se faire sentir bien au-delà de l’usage auquel on les destine, comme nettoyer et hydrater la peau. De nombreux ingrédients de conservation, des adoucissants ou des parfums peuvent s’avérer toxiques pour l’organisme et nous rendre plus vulnérables à des maladies graves comme le cancer et le diabète. Certains produits peuvent même perturber le fonctionnement de notre système hormonal et nuire aux processus biologiques qui orientent le corps humain. Il est encore plus troublant de savoir que les produits de soins personnels que nous utilisons tous les jours peuvent aussi contenir des substances toxiques pour l’environnement, substances qui sont rejetées en grande quantité dans nos lacs, fleuves et rivières, polluant ainsi nos sources d’eau, de nourritures et de loisir.

Une pollution invisible

La plupart des Canadiens ont entendu parler de l’existence des microbilles. Ces minuscules particules de plastique, qui servent d’agent exfoliant dans les nettoyants pour le visage, se retrouvent dans les eaux usées et sont l’une des causes du degré sans précédent de pollution des Grands Lacs par les micro-plastiques. Heureusement, le gouvernement canadien est en voie d’interdire l’utilisation des microbilles dans les produits de soins personnels après les avoir déclarés comme étant toxiques en juin 2016.

Cela ne devrait toutefois pas mettre un terme à nos actions contre les substances polluantes ; des dizaines de produits chimiques contenus dans les savons et les shampoings que nous utilisons tous les jours se ramassent dans nos eaux usées. Contrairement aux microbilles, ces produits chimiques sont invisibles et sans doute encore plus nuisibles à la faune et à la biodiversité. Si certains fabricants observent des principes environnementaux et s’abstiennent d’incorporer ces substances polluantes dans leurs produits, de nombreuses sociétés continuent malheureusement d’y recourir.

“Des dizaines de produits chimiques contenus dans les savons et les shampoings que nous utilisons tous les jours se ramassent dans nos eaux usées. Contrairement aux microbilles, ces produits chimiques sont invisibles et sans doute encore plus nuisibles à la faune et à la biodiversité. ”

Examinons de plus près trois de ces composantes chimiques : le triclosan, les phtalates et le siloxane D5.

Le triclosan

L’utilisation du triclosan est répandue dans les dentifrices, les désodorisants et les savons ayant des propriétés antibactériennes. Or ce produit pose problème puisqu’il contamine nos cours d’eau et entraîne des effets nuisibles sur le développement d’organismes comme des grenouilles et des poissons. De nombreux scientifiques ont aussi exprimé leurs préoccupations à l’égard des conséquences d’une utilisation répandue du triclosan en favorisant une résistance des bactéries aux antibiotiques et en contribuant au problème des bactéries multirésistantes.

Des environnementalistes et des médecins canadiens militent depuis de nombreuses années pour l’interdiction du triclosan et de composés semblables comme le triclocarban (maintenant associé à la naissance prématurée). Tout récemment, aux États-Unis, la Food and Drug Administration (FDA) a décidé d’interdire le triclosan dans les savons liquides pour les mains parce que l’industrie n’a pas été en mesure de montrer qu’il est sans danger et nécessaire. Rien ne permet en effet de prouver que le savon antibactérien est plus efficace, pour tuer les germes, que le savon ordinaire. Au Canada, nous attendons toujours que le gouvernement interdise le triclosan, quatre ans après avoir déclaré la substance toxique pour l’environnement.

Les Phtalates

Les phtalates, un groupe de substances chimiques dont les effets perturbateurs sur le système endocrinien humain sont connus, servent généralement à rendre les plastiques plus doux. Les fabricants leur ont cependant trouvé une utilisation dans les produits de soins personnels, sous forme d’agents de conservation ou dans les parfums, pour en accroître la résistance.

Les parfums se composent de nombreux ingrédients ; certains fabricants en fournissent la liste en ligne ou sur l’étiquette du produit qui les contient. Toutefois, sans cette précaution volontaire, les consommateurs ne disposent d’aucun moyen de savoir ce que renferme exactement un parfum, pour la simple raison que la loi n’oblige pas les fabricants à divulguer les composantes des parfums de leurs produits.

Des entreprises ayant adopté des pratiques qui préservent l’environnement, comme Green Beaver Company, utilisent des huiles essentielles ou d’autres ingrédients non polluants qui parfument leurs produits. Des entreprises dépourvues de politiques strictes à l’égard des ingrédients qui composent leurs produits peuvent utiliser des centaines de substances chimiques — voir même des phtalates et des muscs artificiels, pour créer un parfum. Les consommateurs ne disposent d’aucun moyen sûr pour déterminer si l’odeur d’un produit vient de substances chimiques problématiques, à moins que le fabricant ne rende l’information accessible.

Quel problème les phtalates posent-ils ? La recherche indique qu’ils pourraient jouer un rôle dans les taux croissants d’obésité. De plus, lorsque ceux contenus dans les produits de soins personnels se retrouvent dans nos cours d’eau, ils restent dans les sédiments et s’accumulent dans de minuscules organismes aquatiques, des poissons et leurs prédateurs.

Le siloxane D5

Les produits chimiques à base de silicone, comme le siloxane D5, entrent de plus en plus dans la composition de produits comme des déodorants, particulièrement des produits capillaires anti-frisottis. Le siloxane D5 est aussi devenu un solvant couramment utilisé dans le nettoyage à sec et faussement désigné comme étant une solution de rechange « verte » au perchloro-éthylène (PERC), un produit cancérigène traditionnellement associé au nettoyage à sec.

Le siloxane D5 compte actuellement parmi les principaux polluants retrouvés dans les poissons des Grands Lacs (parmi les cinq principaux, en ce qui concerne le lac Ontario), selon une étude récente de scientifiques travaillant au sein du gouvernement. Alors que l’Union européenne a décidé de limiter la présence du siloxane D5 dans les produits de soins personnels, en raison des risques qu’il présente pour l’environnement, ce polluant ne fait l’objet d’aucune restriction au Canada dans les produits de soins et de nettoyage à sec.

Vous pouvez contribuer à protéger notre eau

Les consommateurs canadiens jouent un rôle déterminant dans la protection de la santé publique et de l’environnement par les produits qu’ils utilisent. Voici trois choses que vous pouvez faire pour y contribuer vous aussi :

  • Recherchez des produits qui ne contiennent pas ces substances chimiques polluantes et problématiques, et continuez à soutenir des entreprises comme Green Beaver Company, qui s’engagent à n’utiliser que des ingrédients inoffensifs pour la santé et l’environnement.
  • Télécharger notre guide d’achat de poche pour mieux éviter les substances chimiques problématiques que contiennent des produits de soins et d’entretien.
  • Passez à l’action en soutenant les démarches d’organismes comme Environmental Defence pour faire modifier les règlementations canadiennes à l’égard des substances chimiques toxiques. Ces règlementations font actuellement l’objet d’un réexamen en comité parlementaire. Signez notre pétition dès aujourd’hui et inscrivez-vous à notre infolettre pour recevoir des nouvelles mensuelles sur nos progrès dans la lutte contre les produits toxiques.
Le produit a bien été ajouté au panier