La sale douzaine : 12 ingrédients cosmétiques à éviter

Joshua Ménard
The Dirty Dozen: 12 Cosmetic Ingredients to Avoid

Chez Green Beaver, notre philosophie est que tout ce dont nous avons besoin pour nos soins personnels se trouve dans la nature. Mais au-delà d’une empreinte écologique plus faible et d’ingrédients plus nourrissants, les avantages des produits naturels résident aussi dans ce à quoi ils ne vous exposent pas.

Il y a plus de dix ans, la Fondation David Suzuki a dressé une liste de douze substances chimiques toxiques présentes dans les produits de soins personnels et susceptibles d’avoir des effets sur la santé humaine ou l’environnement. Elle les a baptisées les « Dirty Dozen » (la sale douzaine), un nom que vous avez peut-être déjà rencontré à plusieurs reprises, notamment sur le site web du gouvernement canadien. Bien que la réglementation ait évolué depuis lors, bon nombre de ces ingrédients font toujours l’objet de recherches et d’examens réglementaires.

Passons-les en revue, un par un

1. L'hydroxyanisole butylé (BHA) et l'hydroxytoluène butylé (BHT)

Le BHA et le BHT sont des antioxydants dérivés du pétrole qui contribuent à ralentir la prolifération bactérienne et à préserver les produits. Ils sont couramment ajoutés aux cosmétiques afin de prolonger leur durée de conservation. Le BHA est considéré comme potentiellement cancérigène pour les humains, car des recherches ont montré que des animaux exposés à ces ingrédients développaient des tumeurs. Étant des toxines non biodégradables, le BHA et le BHT s’accumulent dans les écosystèmes aquatiques et peuvent présenter un risque pour les organismes aquatiques.

2. Les colorants dérivés du goudron de houille.

Le goudron de houille est un liquide noir et visqueux, sous-produit de la transformation du charbon. Il s’agit d’une matière non renouvelable utilisée dans la couverture des toitures, mais aussi, dans le domaine médical, dans les shampoings pour lutter contre les pellicules et renforcer les cheveux.

Cette substance permet d’obtenir des colorants bon marché qui confèrent des couleurs stables et vives aux cosmétiques tels que les rouges à lèvres et le maquillage pour les yeux. Le goudron de houille contient des substances connues pour être cancérigènes, et certains colorants dérivés du goudron de houille peuvent contenir des impuretés cancérigènes s’ils ne sont pas correctement raffinés. Le Canada restreint leur utilisation dans les cosmétiques et exige que certains produits contenant du goudron de houille portent des étiquettes d’avertissement.

3. La diéthanolamine (DEA), la cocamide DEA et la lauramide DEA

La DEA est un composé organique. La cocamide DEA est dérivée de l’huile de coco, tandis que la lauramide DEA est un tensioactif de synthèse. Comme ils agissent en tant qu’émulsifiants et agents moussants, on les trouve couramment dans les soins capillaires, les lotions, les produits pour la douche et le bain, ainsi que dans les détergents.

Ces ingrédients peuvent réagir avec certains agents nitrosants au cours de la fabrication ou du stockage pour former des nitrosamines, une classe de composés présents dans les viandes transformées et le tabac, qui comprend des substances cancérigènes connues et qui peut être toxique pour la vie aquatique. C’est pourquoi le DEA et les ingrédients apparentés font l’objet de restrictions dans la « liste des ingrédients cosmétiques à surveiller » de Santé Canada.

4. Phtalate de dibutyle (DBP)

Les phtalates constituent une famille de substances chimiques synthétiques aux multiples usages. On les trouve dans les jouets, les emballages alimentaires et même les revêtements de sol en vinyle. Ils sont également utilisés comme plastifiants, solvants, fixateurs ou agents antimousse ; on les retrouve donc dans les vernis à ongles, les parfums, les lotions pour le corps, les déodorants, les savons et, très fréquemment, dans les parfums.

Le DBP, traditionnellement utilisé dans les vernis à ongles et d’autres produits de soins personnels pour améliorer leur souplesse et leur durabilité, a été associé à des effets sur la reproduction et le développement, notamment sa capacité à perturber le système endocrinien (hormonal), en particulier chez les hommes.

Comme de nombreuses toxines figurant sur la liste, il n’est pas biodégradable et reste donc présent dans l’eau pendant de longues périodes. Lorsqu’il s’accumule dans l’eau, il est également toxique pour la vie aquatique.

5. Conservateurs libérant du formaldéhyde

Utilisé dans de nombreux produits d'entretien ménager et cosmétiques comme conservateur et pour empêcher la prolifération des bactéries et des moisissures, le formaldéhyde est un composé organique qui s'évapore à température ambiante. Il est présent à l'état naturel — même chez l'être humain, lors du métabolisme — mais des concentrations élevées de formaldéhyde ont été associées à des risques pour la santé. Le formaldéhyde est classé comme cancérigène connu pour l'homme, et certains conservateurs libérant du formaldéhyde font l'objet de restrictions dans les cosmétiques. Le formaldéhyde est un composé organique volatil (COV). À forte concentration, il contribue à la pollution de l’air intérieur et extérieur et est toxique pour la vie marine.

6. Les parabènes

Les parabènes sont un sujet délicat. Ce sont des composés organiques présents dans les conservateurs, les savons antimicrobiens, les exhausteurs de goût, les parfums et les pesticides, car ils empêchent la prolifération des bactéries et des champignons.

Certains parabènes sont également connus pour imiter des hormones telles que l’œstrogène et ont fait l’objet d’études quant à leur potentiel de perturbation du système endocrinien. Il a même été démontré que certains d’entre eux avaient des effets néfastes sur la thyroïde et la muqueuse gastrique. Des études ont également montré qu’ils avaient un effet perturbateur sur la vie aquatique, et des recherches récentes cherchent à déterminer s’ils pourraient jouer un rôle dans le blanchiment des coraux. Alors que de nombreuses agences de réglementation continuent d’autoriser les parabènes à des concentrations admissibles, les recherches sur leurs effets à long terme se poursuivent.

7. Parfum

Les « parfums » ou « fragrances » sont des arômes artificiels que l’on retrouve dans la plupart des produits de soins personnels parfumés. Il s’agit de termes génériques désignant plus de 3 000 ingrédients synthétiques que les entreprises ne sont pas tenues de mentionner, notamment les phtalates et les parabènes.

Au Canada, les fabricants sont généralement autorisés à indiquer ces mélanges simplement sous la mention « parfum » sans dévoiler chaque composant individuel. Si certains ingrédients des parfums sont considérés comme sûrs, d’autres ont été associés à des réactions allergiques, à des perturbations hormonales, voire sont considérés comme cancérigènes. Certains parfums peuvent également contribuer à la biodégradation de l’environnement.

Si vous avez la peau sensible, pensez à choisir des produits sans parfum ou parfumés aux huiles essentielles (comme les nôtres !).

8. Le polyéthylène glycol (PEG)

Le PEG est un ingrédient issu du raffinage du pétrole utilisé dans les lotions, les shampoings et les antisudorifiques comme épaississant, solvant et humectant. La principale préoccupation concernant les ingrédients à base de PEG ne porte pas sur le composé lui-même, mais sur le risque de contamination par des composés apparentés moins sûrs, tels que l’oxyde d’éthylène ou le 1,4-dioxane, s’ils ne sont pas correctement purifiés lors de la fabrication. Comme ils ne sont pas biodégradables, ils peuvent s’accumuler dans les cours d’eau et polluer l’environnement. 

9. Pétrolatum

La vaseline, communément appelée « gelée de pétrole », est un agent humectant souvent utilisé dans les crèmes hydratantes et les baumes à lèvres pour retenir l’eau et hydrater la peau. Tout comme le PEG, il s’agit également d’un sous-produit du raffinage du pétrole, une ressource non renouvelable. Les préoccupations sanitaires concernent principalement la vaseline mal raffinée, qui peut contenir des impuretés telles que des hydrocarbures aromatiques polycycliques.

10. Siloxanes

Les siloxanes constituent une famille de composés synthétiques à base de silicone et d’oxygène. Ils sont utilisés dans les shampoings et les crèmes hydratantes pour adoucir, hydrater et faciliter l’application des formules. Certains siloxanes cycliques peuvent s’accumuler dans les organismes aquatiques et présenter des risques pour la faune. Le Canada a mis en place des restrictions sur certains siloxanes afin de réduire leur impact sur l’environnement.

11. Lauryléth-sulfate de sodium (SLES)

Le SLES peut être fabriqué à partir d’huile de palmiste ou d’huile de coco, mais il est le plus souvent dérivé de produits pétrochimiques. Utilisé comme agent nettoyant et moussant, on le trouve couramment dans les shampoings, les produits pour le bain, les savons et les crèmes à raser. Bien qu’il soit sans danger à faibles doses, s’il n’est pas fabriqué selon des contrôles rigoureux, il peut contenir des traces de 1,4-dioxane, un contaminant indésirable. Des concentrations élevées rejetées dans les cours d’eau peuvent également affecter les organismes aquatiques.

12. Triclosan

Le triclosan est un agent antimicrobien utilisé pour éliminer les bactéries et prévenir les mauvaises odeurs ; il est souvent employé comme conservateur. On le trouve couramment dans les savons, les dentifrices, les déodorants et les bains de bouche. Bien qu’il soit sans danger pour nous, Santé Canada a récemment restreint l’utilisation de concentrations supérieures à 0,3 % de triclosan dans les produits de soins personnels en raison de son impact sur la capacité de reproduction des animaux et des plantes aquatiques. Il peut persister dans l’environnement et suscite également des inquiétudes quant à sa contribution à la résistance aux antimicrobiens en cas de surutilisation.

Choisir des produits de soins personnels, c’est prendre des décisions éclairées. Bien que plusieurs ingrédients figurant sur la liste des « Dirty Dozen » soient encore autorisés dans certaines applications au Canada, ils suscitent suffisamment d’inquiétudes pour justifier une réflexion approfondie. Lire les étiquettes des ingrédients et choisir des produits à base d’ingrédients naturels permet d’éviter toute exposition inutile et de contribuer à la préservation d’écosystèmes plus sains.

Chez Green Beaver, nous croyons que la transparence est essentielle. C’est pourquoi nous formulons nos produits sans les ingrédients figurant sur la liste des « Dirty Dozen », en utilisant des alternatives naturelles efficaces et sans danger tant pour les personnes que pour l’environnement. Découvrez notre gamme complète de produits de soins personnels naturels ici.

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